L’appauvrissement a-t-il un sexe?
Cette question se pose lorsque l’on voit les statistiques sur le revenu à travers les âges des femmes ainsi que sur le nombre de femmes qui vivent des situations de pauvreté. Alors que nous faisions une réflexion sur la pauvreté des femmes, nous constations que les femmes qui visitent nos ressources (les centres de femmes) ne se sont pas réveillées un bon matin pauvres et isolées. Cette situation s’est installée au cours des ans, à travers les différentes étapes de vie des femmes et des choix faits au cours de ces périodes. Ainsi, nous nous rendons compte que toute la socialisation des femmes, les attentes de la société envers les femmes, la division sexuelle du travail et le manque d’informations sur les lois et autres programmes sociaux ont un impact plus significatif sur le dos des femmes.
Les 146 femmes rencontrées en Montérégie nous ont permis d’identifier un certain nombre de causes d’appauvrissement qui sont davantage associées aux rôles sociaux et à la perception de ceux-ci dans la société. Les causes identifiées génèrent des contraintes et des limites sociales dans les cycles de vie des femmes. Ces limites et ces contraintes sociales deviennent des freins pour ces femmes qui individuellement sont à la recherche d’une plus grande autonomie financière.
Des questions se posent...
-
Dans une société de plus en plus individuelle et individualiste, où l’égalité est élevée comme une valeur à laquelle toute la société adhère et qui est annoncée comme étant déjà atteinte, qu’est-ce-qui explique alors que les femmes (52 % de la population) vivent davantage de situations de pauvreté?
-
Avec la promesse d’égalité, ne vient-il pas un engagement qui permet autant aux femmes qu’aux hommes la possibilité de réalisation de son plein potentiel humain?
-
Comment se fait-il que les femmes individuellement subissent davantage les inconvénients financiers associés à leurs cycles de vie?
-
Comment se fait-il que dans une société où l’égalité est atteinte, les femmes supportent l’enrichissement collectif en sacrifiant leurs possibilités de développement et d’enrichissement individuel?
-
Comment se fait-il qu’une société qui veut se donner des enfants ne supporte pas tout autant les parents qui veulent rester actifs?
-
Comment la société peut agir pour freiner l’appauvrissement des femmes?
-
Quels moyens pouvons-nous nous donner pour supporter les personnes qui décident de mettre leur vie entre parenthèses pour supporter un proche malade?
-
Comment faire pour préserver les compétences professionnelles des parents qui se retirent du marché du travail pour un certain temps afin de prendre soin de la famille?
-
Quelles sont les meilleures avenues pour éviter aux individus d’avoir recours à l’aide sociale?
-
N’y aurait-il pas d’autres pistes à explorer avant de passer du chômage à l’aide sociale?
-
Que faisons-nous pour les femmes qui, après un temps passé à la maison pour s’occuper de la famille, décident de retourner sur le marché du travail, quels sont les programmes destinés aux femmes « sans chèque »?
-
Comment se fait-il que la population ne soit pas plus informée de leurs droits et des lois qui nous régissent?
-
L’impact du manque d’informations a des effets majeurs sur l’appauvrissement des femmes...
Le site Toutes ces questions ont été soulevées par la participation des femmes aux différents groupes de discussion.
À travers les objectifs du projet nous voulons : Collectivement :
-
Partager une lecture de l’appauvrissement ;
-
Distinguer l’appauvrissement de la pauvreté ;
-
Identifier les étapes charnières au cours desquelles les femmes rencontrent plus de facteurs d’appauvrissement ;
-
Repérer des opportunités d’actions qui auraient un impact pour freiner l’appauvrissement des femmes ;
-
Partager la responsabilité sociale que les femmes assument lorsqu’elles contribuent à l’enrichissement collectif.
Individuellement :
-
Développer le réflexe des femmes à aller chercher et à confirmer l’information ;
-
Contribuer à une réflexion sur la négociation et le pouvoir de négociation dans le couple ;
-
Permettre une prise de conscience des impacts financiers individuels des décisions que les femmes prennent de bon cœur et pour le bien de tous ;
-
Poser la question, jusqu’à quel point les « choix» individuels sont imposés aux femmes? Et sont-ils une réponse à la pression sociale?
Bonne visite et revenez nous voir!
|